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Sur la route de Grand’Rivière

Après avoir passé quelques jours au François, nous partons vers le nord à la découverte de la ville de Grand’Rivière. Cette ville à la particularité d’être un cul-de-sac, car elle est la dernière au bout de la route D10.

Sur le chemin, nous découvrons une côte plus sauvage et de plus en plus découpée. A l’instar des villes du Robert et du François, le tourisme semble bien moins présent au nord. Nous nous arrêtons une première fois à Anse Charpentier, un paradis pour les surfers. Cette baie a un petit goût d’Hawaï dans les Caraïbes.

Anse Charpentier

L’anse est superbe et je vous conseille vivement de prévoir un pique-nique ou de vous arrêter au restaurant « Le Point de Vue » qui donne directement sur ce panorama.

On assiste à un ballet de pélicans avec pour toile de fond, le magnifique Pain de sucre qui se dresse fièrement. Attention, le courant est fort et la baignade interdite. De toute manière, il vous suffira d’observer les vagues pour comprendre leur dangerosité (rien à voir avec les vagues de la plage de l’anse Caffard au Diamant).

Nous reprenons la route vers le nord pour visiter l’une des plus célèbres distilleries de l’île, la Distillerie J.M. On s’éloigne légèrement du bord de l’Atlantique et l’on découvre une végétation de plus en plus dense avec notamment des champs de bananiers.

Distillerie J.M.

Rien que la beauté du site vaut le détour. Lorsque l’on arrive sur en haut de la route, il est impossible de ne pas s’arrêter pour immortaliser ce point de vue. La végétation luxuriante et le rouge de la fabrique ressortent d’une manière captivante. Le rhum J.M. est l’oeuvre d’un savoir-faire artisanal qui se transmet depuis plus de 100 ans. Ce n’est pas étonnant qu’il soit certifié AOC depuis 1996 et l’un des rhums agricoles les plus réputés de Martinique.

La distillerie a été fondée en 1790 par Jean-Marie Martin (d’où son nom). Elle est depuis 1914 la propriété de la famille Crassous de Médeuil. Il s’agit de la seule exploitation agricole qui produit encore son rhum à partir de ses propres cannes à sucre. La visite est gratuite et sans guide. Il est préférable de venir entre janvier et juin car c’est la saison où les machines fonctionnent. Nous assistons également au défilé des tracteurs qui viennent déposer les récoltes de canne à sucre.

Le parcours est agréable et intéressant surtout pour des novices comme moi. On y retrouve toutes les étapes de fabrication du rhum en débutant par la culture de la canne jusqu’au brûlage des tonneaux. J’ai apprécié boire l’eau de source provenant de la montagne Pelée utilisée dans la fabrication du rhum.

On termine par l’atelier olfactif puis la fameuse salle de dégustation. Vous pourrez ainsi tester toutes les différentes variétés avant de faire votre choix. Il était plutôt compliqué pour moi d’en déguster à 10 heures mais tout le monde n’a pas la même résistance à l’alcool.

Après cet arrêt dans ce petit paradis exotique, nous continuons notre route vers Grand-Rivière. Nous avons l’impression de nous enfoncer dans la forêt et sommes impressionnés par la taille des arbres et de la végétation autour de la route. Nous arrivons à la fameuse rivière Potiche sur laquelle se trouve un pont photogénique certes mais surtout le plus haut et long de l’île. En effet, le pont métallique est haut de 5,7 mètres et long de 67 mètres. La D10 est de plus en plus escarpée et nous arrivons tranquillement au bout du monde.

Grand’Rivière

Grand’Rivière est le village au bout de la route, un cul-de-sac sur la côte atlantique nord. Il compte environ 700 habitants qui vivent essentiellement de la pêche côtière et de l’agriculture. Le courage de ses pêcheurs est respecté par les martiniquais car le canal de la Dominique est l’un des endroits les plus agités au monde. Le village a été fondé à la fin du 17ème siècle sur la rive gauche de la Grande-Rivière.

Après avoir déambulé dans les charmantes ruelles colorées, nous nous rendons à la célèbre plage du Sinaï. Il s’agit d’une magnifique plage de sable noir à fleur de falaise et bordée par les cocotiers. Le coup de coeur opère directement et si la force des vagues n’était pas aussi puissante, je me jetterais directement à l’eau.

Nous décidons de déjeuner au Grill Riverain, l’un des deux restaurants recommandés par les guides. La localisation est agréable, la patronne adorable et les prix assez bas. Nous avons même la chance d’apercevoir les côtes de la Dominique juste en face de nous.

Grand’Rivière c’est aussi le point de départ (ou le point d’arrivée selon le sens) de la randonnée vers l’Anse Couleuvre. C’est l’une des plus réputées et les plus longues de l’île : 14 kilomètres à travers la forêt tropicale et avec des vues magnifiques sur la côte. Il faut prévoir avec l’office de tourisme afin que des pêcheurs vous ramènent pour le retour. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de faire cette randonnée mais il n’est pas sûr que nous l’aurions faite après les difficultés que nous avons subi durant la randonnée de la Caravelle.

Nous quittons le bout du monde dans l’après-midi afin de rejoindre la côte nord Caraïbes à Saint-Pierre.

Martinique

La presqu’île de la Caravelle

Pour notre premier jour en Martinique, nous avons décidé de nous attaquer à la randonnée la plus difficile prévue pendant notre séjour : le grand sentier dans la réserve naturelle de la Caravelle. Nous allions le regretter assez rapidement même si cette randonnée fut l’une des plus belles sur l’île.

La presqu’île est longue d’une dizaine de kilomètres. Elle est composée du village de pêcheurs de Tartane et à son extrémité de la réserve naturelle de la Caravelle. Cette réserve a été créée en 1976 et elle protège 422 hectares de flore dont 150 espèces végétales endémiques aux Antilles.
La réserve est un endroit incontournable de la Martinique car l’on y retrouve des paysages que vous allez découvrir pendant votre séjour à savoir des savanes herbeuses, forêts sèches, mangroves ou encore des falaises abruptes.

Deux sentiers de randonnées s’offrent à vous. Le petit sentier au balisage jaune et blanc est long de 2,5 kilomètres et vous permet de découvrir la mangrove et la Baie du trésor.
Pour les plus expérimentés, le grand sentier au balisage bleu et blanc est long de 9,8 kilomètres mais d’après nos téléphones et montres connectées, nous avons fait 12 kilomètres… Vous pourrez alors observer successivement le phare, la station météo, l’anse Chandelier, l’anse Bois-Vert, l’anse Bénitier, la pointe Caracoli et la Baie du trésor. Il est vivement conseillé d’éviter la randonnée par temps de pluie. N’oubliez pas de prendre au minimum 1,5 litres d’eau par personne.

Cela ne semble pas compliqué mais je vous assure que le soleil tape fort et l’ombre se fait rare sur une grande partie du sentier. Par ailleurs, le chemin est une succession de montées et de descentes assez fatigantes. Par conséquent, je conseille pour les personnes peu habituées d’emprunter tranquillement le petit sentier et de remonter voir le phare par la suite.

Pour vous y rendre, il suffit simplement de suivre la route D2 jusqu’au bout. De toute manière vous ne pourrez pas aller plus loin. Pendant quelques minutes, vous roulerez sur une piste rocailleuse jusqu’à l’arrivée sur le parking. Selon le sens que vous choisirez, vous pouvez débuter le grand sentier en haut du parking et vous terminerez sur la Baie du trésor. D’après la légende, un trésor de pirates se trouverait dans la baie. Sinon, descendez vers le Château Dubuc afin de commencer les deux sentiers. Il est possible de visiter ce château (5 euros) datant de 1740 qui fut l’habitation de la famille Du Buc, des riches exploitants de canne à sucre. Nous avons fait l’impasse sur la visite car nous étions beaucoup trop fatigués à la fin de notre périple.

Nous avons donc débuter la randonnée en haut du parking car nous avions prévu de pique-niquer dans la Baie du trésor. Nous sommes partis vers 8 heures mais il est conseillé de commencer encore plus tôt vers 6 ou 7 heures.

Le phare

Après une trentaine de minutes, vous rejoindrez le phare qui se trouve à 140 mètres d’altitude. Il fait parti des quatre phares encore actifs sur l’île et est entièrement automatisé à l’énergie solaire. Une pause s’impose sur la table d’observation et le belvédère qui permet de contempler la vue à 360 degrés sur la Baie du Trésor et la Baie du Galion.

Après le phare vous redescendrez vers l’Anse Chandelier. Les falaises déchiquetées pourraient faire penser que vous vous trouvez en Bretagne mais c’est sans compter sur la chaleur et la flore environnante.

Comme vous pouvez le constater les sargasses sont présentes tout au long du sentier. Avec le courant, elle vous empêchent de vous tremper. Quoiqu’il en soit, cela reste minime par rapport à notre randonnée au Macabou.

L’anse Bois-Vert est sublime avec ses deux palmiers qui semblent sortir de l’imaginaire. Ce paysage nous donne l’impression que nous avons échoué sur une île déserte, c’est assez désorientant. Juste après, un sentier vous permet de rejoindre la Baie du trésor sans passer par la pointe Caracoli et vous fait gagner une heure sur le trajet.

Pointe Caracoli

La Mangrove

Le sentier se poursuit par une longue descente menant à la mangrove. Vous y trouverez palétuviers et crabes en masse. Apparemment, la mangrove accueillerait plus de 80 espèces d’oiseaux : moqueur à gorge blanche, carouge, frégate…

Malheureusement, nous avons raté le chemin sur la gauche menant vers la plage. Etant fatigués et ayant épuisé nos réserves d’eau, nous préférons être raisonnables et remonter au château Dubuc par le petit sentier. La dernière montée vers le parking nous achève.

Nous décidons de faire notre pique-nique à l’Anse de la brèche que nous avions repéré à l’aller. La plage est magnifique. De plus, elle est ombragée et on y trouve des tables ce qui est parfait pour manger tranquillement. Faites attention car la plage est pleine de mancenilliers, un arbre dont la sève et les fruits sont toxiques (ne jamais s’y abriter en temps de pluie). Ils sont souvent indiqués par un panneau ou marqués en rouge.