Martinique

Sur la route de l’Anse Couleuvre

Depuis la ville de Saint-Pierre, il faut compter environ une vingtaine de minutes pour vous rendre à l’Anse Céron. La route est plutôt agréable serpentant entre la jungle et le front de mer et traversant le village de pêcheurs du Prêcheur. Après le village, vous ne trouverez plus de commerces donc prévoyez à l’avance vos réserves d’eau et de nourriture.

L’Anse Céron

Cette première plage de sable gris bordée de cocotiers est calme et charmante. Moins populaire que l’Anse Couleuvre, elle mérite tout de même le détour. Si vous avez le temps, rendez-vous à l’Habitation Céron, une ancienne sucrerie avec un merveilleux jardin tropical. Vous y trouverez également un restaurant (bon à savoir car il n’y a rien pour se restaurer à l’Anse Couleuvre).
Autre bon point, la plage est aménagée avec des toilettes et des douches.
L’Ilet de la Perle est un spot privilégié pour la plongée. Remontant de -30 mètres, il est possible d’y apercevoir des saumons Caraïbes, barracudas ou encore des tortues.

Il faudra alors emprunter une route escarpée pour rejoindre l’Anse Couleuvre. Elle est nichée de nids-de-poule et je vous conseille de klaxonner à chaque virage pour signaler votre présence. La route est assez étroite et manoeuvrer reste compliqué. Vous arriverez alors au bout de la route, sur le parking. Essayez d’arriver assez tôt (avant 8 heures) si vous ne voulez pas vous garer trop loin, le parking est vite complet.

La cascade Couleuvre

Si comme nous, vous n’emprunter pas le sentier de la Trace du Nord, je vous conseille de découvrir la jungle en allant jusqu’à la cascade Couleuvre. La randonnée n’a rien de difficile et n’est pas longue (3,2 kilomètres aller-retour) et vous permettra de vous enfoncer dans la forêt mésophile. Vous découvrirez une flore exotique remarquable notamment des cacaoyers, bananiers, zamanas ou encore fromagers.

La randonnée est connue pour abriter des matoutous falaises, une espèce endémique de mygale protégée au niveau national. D’apparence bleue et velue, elle est inoffensive pour l’homme. Malheureusement, malgré nos recherches poussées nous n’avons pas eu la chance d’en croiser. Je suppose que nous n’avons pas su chercher aux bons endroits.

Le clou du spectacle est une jolie cascade de 20 mètres de hauteur. Elle est parfaite pour se rafraîchir. Si l’envie vous en dit, faîtes comme les locaux et enduisez-vous d’argile puis rincez-vous sous la cascade.

Reprenez le sentier dans le sens inverse. Vous arriverez alors quasiment au niveau du parking. Prenez alors sur votre droite en direction de l’Anse Couleuvre.

L’Anse Couleuvre

En descendant vers la mer, vous découvrez les ruines de l’Habitation de l’Anse Couleuvre. Ensuite, vous tomberez sur une merveilleuse plage de sable volcanique et bordée de falaises et d’une végétation luxuriante. Nous sommes en semaine et il n’est que 10 heures, par conséquent, il n’y a pas beaucoup de monde et nous pouvons donc bien profiter de l’endroit. Il est également recommandé de continuer le chemin pour découvrir l’Anse Lévrier et l’Anse à Voile (environ 1 kilomètre), apparemment encore plus belles et où l’on trouve le sable le plus noir de Martinique.

Il s’agit de la plus jolie plage du Nord. Après la randonnée, l’envie de se jeter dans l’eau pour se rafraîchir est trop forte. Attention aux rouleaux mais ce n’est rien comparé à l’Anse Caffard du Diamant. Par ailleurs, nous sommes tombés sur le cadavre (impressionnant) d’un serpent de mer. Moins dangereux, il est possible d’apercevoir des petites mangoustes dans les feuillages.

Après avoir lézardé sur la plage, nous devons reprendre la route direction le sud. Il est compliqué de quitter ce petit paradis qui restera l’un de mes endroits préférés de l’île.

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Sur la route de Grand’Rivière

Après avoir passé quelques jours au François, nous partons vers le nord à la découverte de la ville de Grand’Rivière. Cette ville à la particularité d’être un cul-de-sac, car elle est la dernière au bout de la route D10.

Sur le chemin, nous découvrons une côte plus sauvage et de plus en plus découpée. A l’instar des villes du Robert et du François, le tourisme semble bien moins présent au nord. Nous nous arrêtons une première fois à Anse Charpentier, un paradis pour les surfers. Cette baie a un petit goût d’Hawaï dans les Caraïbes.

Anse Charpentier

L’anse est superbe et je vous conseille vivement de prévoir un pique-nique ou de vous arrêter au restaurant « Le Point de Vue » qui donne directement sur ce panorama.

On assiste à un ballet de pélicans avec pour toile de fond, le magnifique Pain de sucre qui se dresse fièrement. Attention, le courant est fort et la baignade interdite. De toute manière, il vous suffira d’observer les vagues pour comprendre leur dangerosité (rien à voir avec les vagues de la plage de l’anse Caffard au Diamant).

Nous reprenons la route vers le nord pour visiter l’une des plus célèbres distilleries de l’île, la Distillerie J.M. On s’éloigne légèrement du bord de l’Atlantique et l’on découvre une végétation de plus en plus dense avec notamment des champs de bananiers.

Distillerie J.M.

Rien que la beauté du site vaut le détour. Lorsque l’on arrive sur en haut de la route, il est impossible de ne pas s’arrêter pour immortaliser ce point de vue. La végétation luxuriante et le rouge de la fabrique ressortent d’une manière captivante. Le rhum J.M. est l’oeuvre d’un savoir-faire artisanal qui se transmet depuis plus de 100 ans. Ce n’est pas étonnant qu’il soit certifié AOC depuis 1996 et l’un des rhums agricoles les plus réputés de Martinique.

La distillerie a été fondée en 1790 par Jean-Marie Martin (d’où son nom). Elle est depuis 1914 la propriété de la famille Crassous de Médeuil. Il s’agit de la seule exploitation agricole qui produit encore son rhum à partir de ses propres cannes à sucre. La visite est gratuite et sans guide. Il est préférable de venir entre janvier et juin car c’est la saison où les machines fonctionnent. Nous assistons également au défilé des tracteurs qui viennent déposer les récoltes de canne à sucre.

Le parcours est agréable et intéressant surtout pour des novices comme moi. On y retrouve toutes les étapes de fabrication du rhum en débutant par la culture de la canne jusqu’au brûlage des tonneaux. J’ai apprécié boire l’eau de source provenant de la montagne Pelée utilisée dans la fabrication du rhum.

On termine par l’atelier olfactif puis la fameuse salle de dégustation. Vous pourrez ainsi tester toutes les différentes variétés avant de faire votre choix. Il était plutôt compliqué pour moi d’en déguster à 10 heures mais tout le monde n’a pas la même résistance à l’alcool.

Après cet arrêt dans ce petit paradis exotique, nous continuons notre route vers Grand-Rivière. Nous avons l’impression de nous enfoncer dans la forêt et sommes impressionnés par la taille des arbres et de la végétation autour de la route. Nous arrivons à la fameuse rivière Potiche sur laquelle se trouve un pont photogénique certes mais surtout le plus haut et long de l’île. En effet, le pont métallique est haut de 5,7 mètres et long de 67 mètres. La D10 est de plus en plus escarpée et nous arrivons tranquillement au bout du monde.

Grand’Rivière

Grand’Rivière est le village au bout de la route, un cul-de-sac sur la côte atlantique nord. Il compte environ 700 habitants qui vivent essentiellement de la pêche côtière et de l’agriculture. Le courage de ses pêcheurs est respecté par les martiniquais car le canal de la Dominique est l’un des endroits les plus agités au monde. Le village a été fondé à la fin du 17ème siècle sur la rive gauche de la Grande-Rivière.

Après avoir déambulé dans les charmantes ruelles colorées, nous nous rendons à la célèbre plage du Sinaï. Il s’agit d’une magnifique plage de sable noir à fleur de falaise et bordée par les cocotiers. Le coup de coeur opère directement et si la force des vagues n’était pas aussi puissante, je me jetterais directement à l’eau.

Nous décidons de déjeuner au Grill Riverain, l’un des deux restaurants recommandés par les guides. La localisation est agréable, la patronne adorable et les prix assez bas. Nous avons même la chance d’apercevoir les côtes de la Dominique juste en face de nous.

Grand’Rivière c’est aussi le point de départ (ou le point d’arrivée selon le sens) de la randonnée vers l’Anse Couleuvre. C’est l’une des plus réputées et les plus longues de l’île : 14 kilomètres à travers la forêt tropicale et avec des vues magnifiques sur la côte. Il faut prévoir avec l’office de tourisme afin que des pêcheurs vous ramènent pour le retour. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de faire cette randonnée mais il n’est pas sûr que nous l’aurions faite après les difficultés que nous avons subi durant la randonnée de la Caravelle.

Nous quittons le bout du monde dans l’après-midi afin de rejoindre la côte nord Caraïbes à Saint-Pierre.